page d'accueil
présentation des glacières et des hommes évolution
glacière de St-George: régression
tardiglaciaire
postglaciaire
cause
st-george
bilan
conclusion

Malgré une courte période de reconstitution, la glace finit par régresser. Le glacier se situe probablement entre –17 et –18 mètres lorsque le bilan de masse annuel devient négatif.

Cette estimation est tirée d’une photographie inédite datant de 1889, appartenant à l’ancien garde forestier, Monsieur Terry. Nous nous sommes également basés sur le nombre d’échelons de l’échelle inférieure (23) et nous avons supposé que leur espacement était identique à celui de l’échelle actuelle (environ 30 cm) afin de déterminer la profondeur du plancher.

La régression est particulièrement importante depuis la deuxième guerre. Entre 1945 et 1980, le garde forestier que nous avons cité précédemment, chargé du maintien de la glacière fut contraint de changer l’échelle inférieure à deux reprises car elle devenait trop courte, au fur et à mesure de l’enfoncement du plancher.

Vues de la glacière de Saint-George avant 1939 et en 1998

La photo (a), non datée, provient d’une carte postale envoyée en 1939. Elle illustre l’état de la glacière entre la fin du XIXème siècle et le début de la deuxième guerre. L’échelle inférieure comptabilise environ 25 échelons.
La photo (b) a été réalisée par S.Godin au printemps 1998. L’échelle comprend désormais 34 échelons, ce qui correspond à un enfoncement de 2 à 3 mètres du plancher.


Cette diminution résulte essentiellement du réchauffement climatique et de la diminution des précipitations de neige. Les déboisements ainsi que le tourisme jouent peut-être également un rôle dans ce retrait.

Au milieu du XXème siècle, la glacière de Saint-George constitue une certaine attraction touristique. Les visiteurs sont nombreux et provoquent une élévation de la température de quelques degrés dans un rayon de plusieurs mètres au sein de la caverne en pénétrant au fond du gouffre. Leur influence reste néanmoins minime car la glacière n’a jamais connu de véritable développement touristique; dans les années 1970, seule une centaine de visiteurs s'y rendent chaque année (BARON 1969).

La régression ne concerne pas uniquement le plancher de glace. Le névé situé sous l’un des orifices s’amenuise également considérablement. Véritable stalagmite de neige durcie au milieu du XIXème siècle (THURY 1861), il ne constitue plus qu’un faible amas, dont le volume varie d’une année à l’autre en fonction de la neige tombée durant l’hiver. Quant à la paroi rocheuse exploitée dans la dernière moitié du XIXème siècle, sa couverture de glace ne se forme qu’au printemps. Les températures ne sont plus suffisamment fraîches pour garantir sa conservation.

Le rétrécissement du névé a eu des conséquences très importantes sur la dynamique de la glacière et sur la structure de la glace. Alimentée essentiellement jusqu’à la fin du XIXème siècle par de la neige, qui se tasse et se transforme en glace par diagenèse glaciaire classique, cette glacière dynamique à glace de névé, pour reprendre la terminologie de MAIRE (1990), assure désormais son renouvellement par congélation des infiltrations d’eau et de la fusion du névé. Cette évolution n’en fait pas pour autant une glacière statodynamique à glace de regel, mais plutôt une forme intermédiaire. La glace macrocristalline qui constituait la majorité du plancher jusqu’au début du XXème siècle est progressivement recouverte et remplacée par de la glace de regel, transparente et vitreuse.


méthode surexploitation régression
  convalescence stabilisation
     

 
plan du site contact bibliographie liens haut