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présentation des glacières et des hommes évolution
glacière de St-George: convalescence
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Durant le dernier tiers du XIXème siècle, l’exploitation devient de plus en plus sporadique. Elle est même interrompue entre 1889 et 1896. Quant au plancher, ce n’est plus la principale source d’exploitation; une épaisse pellicule de glace de regel recouvrant la parois rocheuse située au pied de l'échelle inférieure attire désormais l'attention des exploitants (BALCH 1900).

La glacière profite de cette accalmie pour s’élever à nouveau, et cela malgré des conditions climatiques changeantes (fin du Petit Age Glaciaire). Plusieurs arguments ont été pris en compte pour formuler cette hypothèse.

Le plancher de glace se situe actuellement à -20 mètres, soit au même niveau que celui mesuré par THURY (1861) en 1857, et même au-dessus des estimations suggérées pour 1864. Toutefois la glacière n’est pas restée stable durant les derniers 150 ans puisque le plancher n’a cessé de diminuer au cours du XXème siècle (voir période IV). Autrement dit, à supposer que les observations des savants du XIXème siècle sont exactes, ce qui semble probable vu la similitude des mesures chez THURY (1861) et BROWNE (1865) et la précision de leurs exposés, seule une élévation du plancher permet d’expliquer cette anomalie.

Plusieurs glacières ont prouvé au cours des siècles passés, leur capacité de se reconstituer très rapidement lorsque le stress - en l’occurrence l’exploitation - disparaît. La glacière de Chaux-les-Passavant, dévastées au cours du XVIIIème siècle par le Duc de Lévi est parvenue en moins de 15 ans à reformer son glacier souterrain (TROUILLET 1885). Néanmoins, pour se reconstituer, il est nécessaire que le climat soit favorable.

Depuis 1860, les glaciers alpins ont pour la plupart commencé à régresser. La glacière de Saint-George se comporterait-elle différemment ? Nous manquons malheureusement d’étues analogues pour véritablement appréhender le comportement des glacières naturelles. Si on s’accorde à dire qu’elles régressent aujourd’hui pour la plupart, le début de cette régression n’a pas été déterminé de manière aussi systématique que pour les glaciers alpins. Certains auteurs ont en effet démontré que le volume de la glacière pouvait jouer un rôle important et notamment en entretenant une fraîcheur suffisante au fond du gouffre (RACOVITZA 1967, STETTLER 1971). La glacière de Saint-George était-elle suffisamment volumineuse pour entretenir à elle seule son microclimat ?

Il semblerait que ce soit avant tout le déséquilibre occasionné par l’interruption de son exploitation qui permette d’expliquer cette étonnante progression. Le plancher se situe au-dessous du niveau qui aurait été déterminé en temps normal par le microclimat de la caverne, dans un secteur particulièrement froid. La glace bénéficie ainsi de conditions idéales pour se reconstituer et pour minimiser la fusion. L’inertie de la roche encaissante joue également un rôle. La chaleur n’est transmise que lentement au sein de la caverne, et ce n’est que lorsque la tendance s’affirme que la température augmente et que la glace finit par fondre. Enfin, malgré le réchauffement climatique, les hivers à la fin du XIXème siècle restent frais et enneigés. La majorité des lacs jurassiens étaient gelés chaque hiver sur une dizaine de centimètres d’épaisseur. Seuls quelques hivers trop doux sont mentionnés dans les annales (GOLAY 1890). Les abondantes chutes de neige ont donc probablement participé à la progression du glacier.


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