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Il peut paraître difficile d'imaginer comment certains savants ont pu affirmer avec conviction que la glace puisse être issue du chaud, le chaud étant plutôt l'ennemi du froid et de la glace. Pourtant pendant plusieurs siècles et parfois même aujourd'hui encore, cette croyance fait l'unanimité des populations paysannes.

Croyances paysannes

Lorsque les paysans se rendent dans une glacière, il s'agit d'extraire un peu de glace pour leurs besoins personnels ou pour guider un curieux. Il n'y vont généralement qu'en été. Au bord de l'orifice, l'air est parfois suffocant mais quelques dizaines de mètres plus bas seulement, ils se retrouvent en plein hiver. Frappés par la différence de température, ils pensent que le froid dépend du chaud, que plus il fait chaud à l'extérieur et plus le froid s'accentue à l'intérieur et voilà comment ils expliquent astucieusement la cause de cette antiperistase (action de deux qualités contraires dont l'une renforce l'autre). Puis en généralisant l'idée de cause à effet sans même aller vérifier les faits sur place, ils affirmaient de façon tout aussi hâtive que la grotte se réchauffe en hiver, et qu'il n'y a plus de glace.

POISSENOT (1586) est l'un des premiers auteurs à formuler la théorie du chaud sur la base des croyances paysannes:

Après avoir recherché en mon esprit la cause de ceste antiperistase, je n'en trouvay autre que ceste-cy: sçavoir est que la challeur dominant en Esté, le froid se retire aux lieux bas et [451] soubterrains, comme est cestuy-cy, duquel les rays du Soleil ne peuvent approcher, et qu'en tel lieu aquatique et humide il opere les effects qu'avons monstré cy devant. Laquelle me sembla de tant plus vraisemblable, qu'interrogeant les paisans des villages prochains si en hyver y avoit de la glace en ladicte Froidière, ils me respondirent qu'il n'y en avoit point, et qu'au contraire, il y faisoit treschaud."

Théories scientifiques

En 1712, M. Billerez, professeur d'Anatomie et de Botanique à l'Université de Besançon invoque l'influence refroidissante de sels (ammoniacs et nitreux) qu'il a retrouvés dans le sol avoisinant de la glacière de Chaux-les-Passavant. Pour Billerez, la chaleur met en mouvement ces sels qui se mélangent à l'eau de percolation durant l'été. Une fois dans la cavité, ce mélange la glace toute entière.

En 1822 le professeur Pictet de Genève emprunte à H.-B. de Saussure sa théorie des caves froides, la transforme et l'étend aux glacières. Il imagine que les glacières sont soumises à des courants durant l'été, provoquant l'évaporation de gouttes d'eau. Comme l'évaporation consomme de la chaleur, elle serait capable selon lui de refroidir la grotte et même d'acquérir un certain pouvoir réfrigérant durant l'été. Etrangement, il n'observe aucun courant d'air dans la plupart des glacières qu'il visite mais se conforte dans son erreur.

Toujours au début du XIXe siècle, Cadet de Gassicourt propose une théorie similaire, mais c'est à l'évaporation de la couverture végétale qui entoure l'orifice de la cavité qu'il impute la réfrigération de la grotte.


la théorie du froid
 
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